
Nous voici à la fin de l’année !
Alors que l’été s’approche de plus en plus, la responsabilité croît.
L’auteur sait bien sûr que notre lecteur tourne les pages de son manuel frénétiquement en vue d’une épreuve future… MAIS ne pas oublier de conserver notre attitude masochiste — plus la vie est dure, plus mémorable qu’elle serait, alors nous voici prêts pour une nouvelle dose de philosophie !
Aujourd’hui, on discuterait de Martin Heidegger.
Martin Heidegger, né en 1889, est l’un des penseurs majeurs du 20e siècle, associé à la phénoménologie et à ce qu’on appelle souvent l’existentialisme, bien qu’il ait lui-même refusé cette étiquette.
Né à Messkirch, en Allemagne, Heidegger étudie d’abord la théologie avant de se tourner vers la philosophie. Il devient l’élève puis l’assistant de Edmund Husserl, fondateur de la phénoménologie.
En 1927, il publie son œuvre principale, Être et Temps, qui le rend immédiatement célèbre. Il enseigne notamment à l’université de Fribourg. Son engagement controversé avec le régime nazi en 1933 (il devient recteur de l’université et adhère au parti) ternira durablement sa réputation, même s’il se retire rapidement de ses fonctions. Pas si rapidement que ça finalement, car il resigna ses idées qu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Bref, réputation gâchée.
Revenons à nos moutons !
Sur le plan philosophique, Heidegger cherche à relancer une question qu’il estime oubliée depuis Platon : celle de l’Être (Sein). Selon lui, la philosophie occidentale s’est trop concentrée sur les « étants » (les choses particulières) sans interroger le sens de l’être lui-même.
Son concept central est celui de Dasein (être-là), qui désigne l’être humain en tant qu’il existe dans le monde. Le Dasein n’est pas un sujet isolé : il est toujours être-au-monde, c’est-à-dire déjà engagé dans un environnement, des relations et des pratiques. L’existence humaine est donc concrète, située, et non abstraite.
Heidegger insiste aussi sur la facticité et la finitude : l’homme est jeté dans le monde (Geworfenheit), sans l’avoir choisi, et doit composer avec cette condition.
L’une de ses idées majeures est l’être-pour-la-mort : la conscience de la mort n’est pas un simple fait biologique, mais une structure fondamentale qui donne sens à l’existence.
En anticipant sa propre mort, l’individu peut accéder à une existence authentique, par opposition à une vie inauthentique dominée par le conformisme du «On» (das Man).
Bien ironique que M. Heidegger soit devenu le dernier, alors qu’il se conformait aux idées nazies.
Il développe également une critique de la modernité et de la technique et enrichit ses idées pour se distinguer plus clairement des autres idées existentialistes (années sur lesquelles on ne va pas s’attarder).
Il faut avant tout préciser les deux derniers concepts:
Martin Heidegger est un adepte de la phénoménologie dans le domaine de l’ontologie.
La phénoménologie, (si on résume), c’est l’étude de l’expérience vécue telle qu’elle apparaît à la conscience — donc pas de théories ni de suppositions.
L’ontologie, à son tour, c’est l’étude de l’être en tant qu’être. Elle vise à répondre à la question suivante : qu’est-ce que l’être veut dire?
Avec ses savoirs, il est conseillé de relire les concepts mentionnés auparavant. Pourtant, vaut mieux garder en tête que le but d’une philosophie est de structurer notre réalité, sinon le domaine de la pensée va pour toujours rester du non-sens inutile.
En résumé, Heidegger propose une philosophie centrée sur la question de l’être, la condition humaine comme existence finie et située, et une critique profonde de la modernité technique. Son influence est immense, mais son héritage reste débattu en raison de ses positions politiques.
Ruslan Breusov, 4e secondaire, École d’Éducation Internationale de Laval
Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Heidegger#/media/Fichier:Heidegger_2_(1960).jpg
Willy Pragher, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
