L’histoire de la chirurgie

Chaque jour, des centaines de vies sont sauvées grâce à des opérations chirurgicales. Les techniques effectuées sur les patients ont été raffinées au fil des siècles pour augmenter le taux de survie. Mais, d’où ça vient exactement?

La Préhistoire

La Préhistoire est la période qui date de l’apparition des premiers humains de 2,8 millions d’années avant J-C jusqu’à l’apparition de l’écriture en 3200 avant J-C. Plusieurs fouilles archéologiques ont révélé la présence des amputations et de craniotomie (le retrait d’os du crâne pour réduire la pression sur le cerveau).

Il y a plus de 160 crânes dans les Grandes Causses en France qui semblent avoir subi des trépanations (l’acte de percer un trou dans le crâne à l’opposé d’une craniotomie qui consiste à enlever un morceau entièrement).

Les peuples primitifs de l’Amérique de Sud et de l’île Bornéo démontrent qu’ils soignaient ces procédures avec de la gomme et/ou des feuilles de nénuphars. Ceci est un fait fascinant, car ces éléments végétaux possèdent des propriétés antiseptiques.

L’Antiquité

L’Antiquité remonte à l’adoption de l’écriture en 3200-3300 avant J-C jusqu’à la chute de l’Empire romain d’Occident en 476. C’est notamment grâce à l’adoption de l’écriture que les techniques chirurgicales se sont développées et complexifiées.

On a trouvé plus de 2000 tablettes d’argile en Mésopotamie, et 600 d’entre elles ont un lien avec la médecine. Ces tablettes imposaient des règles sur le traitement des patients ainsi que les tarifs. Ces derniers varient si le patient est un esclave, un plébéien (citoyen romain) ou un homme libre.

En Égypte, les temples des pharaons Kôm Ombo, Sobek et Haroëris affichent des fresques représentant des instruments chirurgicaux. On peut y trouver des pinces, des ciseaux, des crochets et d’autres curettes chirurgicales.

Pour ce peuple, la maladie est causée par les Dieux, donc il est logique que les prêtres s’occupent de la médecine. Le papyrus de Kahoun datant du 18e siècle avant J-C aborde le contrôle de naissance, contraception et stérilité, comme une version ancienne des gynécologues d’aujourd’hui!

Le Moyen-Âge

Au Moyen-Âge, la médecine commence à se séparer des pratiques chirurgicales. Les chirurgiens de cette époque sont appelés des «barbiers». Peu à peu, différentes chirurgies sont attribuées à différents genres de barbiers. Les universités à Damas, Bagdad ou au Caire se développent en Orient.

Les techniques sont encore très rudimentaires : les barbiers de l’époque découvrent la fermeture de plaies avec agrafe. Les ligatures vasculaires ne sont toujours pas soignées.

Avicenne (980-1037) est un savant d’origine iranienne qui a écrit le livre «Canon de la médecine». Cet ouvrage marque le monde de la médecine, car elle relate les méthodes aussi orientales qu’occidentales comme la césarienne ou la trachéotomie.

Les Temps modernes

Le mouvement humaniste amène de l’attention sur l’étude du corps humain. Avec l’invention de l’imprimerie, toutes les conditions favorables se présentent pour l’innovation.

Plusieurs esprits ingénieux comme ceux de Léonard de Vinci ou André Vésale vont développer une curiosité sans fin. Ils vont disséquer des cadavres et décrire l’anatomie en mots.

Vésale va écrire un des premiers grands traités d’anatomie : «De Humani Corporis Fabrica». Par contre, l’Église reste très fermée sur l’idée de la dissection, alors les masses ont un certain préjugé envers leurs études.

Ambroise Paré (1509-1590) est le père fondateur de beaucoup d’instruments de chirurgie. Il va rapidement devenir chirurgien dans des temps de guerre, donc les dommages par explosifs qu’il a dû traiter ont approfondi sa compréhension de la médecine. Cet homme a extrait énormément de balles dans sa carrière, et très souvent, dans des conditions rudimentaires.

S’il n’avait pas le matériel nécessaire, Paré utilisait du crin de cheval pour traiter une balle à l’épaule. De nos jours, il n’est pas rare en France de qualifier les fils de ligatures de «crins».

L’Époque contemporaine

De plus en plus d’écoles de médecine ouvrent leurs portes avec le nombre exponentiel de nouvelles recherches. Avec l’expérimentation (et malheureusement, la mort de milliers de patients), on commence à se renseigner sur les infections. Le développement d’instituts reste fort, avec de nouveaux programmes chaque année.

Vers la deuxième moitié de l’Époque Contemporaine vient l’anesthésie, aseptie/antiseptie, la coagulation et la transfusion. Crawford Lord est un des premiers à se servir de l’éther pour la chirurgie, mais il ne répand pas son idée. Plus tard, d’autres tentent leur chance avec différents sédatifs, le protoxyde d’azote ou même l’halothane.

Le problème : aucun de ses produits n’a fonctionné. En fait, ils nous ont plutôt aidé à comprendre ce qui est toxique et ce qui ne l’ai pas.

Ce n’est qu’en 1932 que l’hexobarbital sera utilisé comme anesthésiant sans mauvais effets secondaires ou coût astronomique.

Louis Pasteur découvre que l’air est rempli de micro-organismes, et il est le premier à théoriser sur l’apparition de pus sur les plaies. Il suggère aux chirurgiens qui s’occupent des accouchements de se laver les mains et de vaporiser le site avec de la phénol. Le taux de mortalité post-opératoire passe de 60% à 15%!

Les premières transfusions se font en France, sur des animaux. Puis, après la découverte de compatibilité de sang de Karl Landsteiner, les transfusions sont effectuées sur le public.

C’est surtout dans les années 80 qu’on innove du côté machinerie comme les analyseurs d’hémostase semi-automatique, le ROTEM ou le TEG. Ces machines servent essentiellement à la prise de tests et de données.

Et dire qu’on a commencé l’univers de la chirurgie avec des trous dans les crânes… On a assisté à une évolution presque fantastique!

 

Ash Bagherian, élève de 4e secondaire, école d’éducatioon internationale de Laval.

 

Sources :

https://www.pierrewauthy.be/files/uploads/2023/09/Histoire-de-la-chirurgie-version-longue-23-24.pdf

https://www.universalis.fr/encyclopedie/chirurgie/

https://chirurgie.umontreal.ca/departement/historique/histoire-contemporaine-du-departement-de-chirurgie-de-luniversite-de-montreal/

Image: https://pixabay.com/fr/photos/op%c3%a9ration-h%c3%b4pital-docteur-1822458/

 

La Gazette de l’ÉÉIL